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1- Le français en Algérie : histoire, place et statut par Bendieb Aberkane Mehdi

14 janvier 2011

Non classé

Chapitre 1 : le français en Algérie
1- Le français en Algérie : histoire, place et statut :
L’Algérie est un pays qui témoigne de l’existence de plusieurs langues ou
variétés linguistiques locales mais aussi étrangères qui occupent chacune une
place ou un statut spécifique, que ce soit au niveau local d’une région tels que le berbère, le chaoui, ou bien à l’échelle nationale tels que l’arabe standard, l’arabe


dialectal, et très particulièrement la langue française.
Chacune de ces langues possède ses raisons d’être, ou plus précisément sa
propre histoire avec l’Algérie que nous ne pouvons pas aborder dans cette
recherche. Pour notre étude nous avons choisi de mettre l’accent sur l’histoire de
la langue française.
L’histoire de la présence de la langue française en Algérie commence avec
la colonisation, l’objectif de l’armée française n’était pas la seule dépossession
des algériens de leur terre et de leurs biens mais il s’était étendu jusqu’à leur
culture et leur langue. Pour atteindre les objectifs expansionnistes de la
Troisième République, il a fallu « désagréger définitivement les fondements de l’organisation arabe et de pratiquer une guère intensive à la culture et à la languearabes »1. Pour cela l’armée française utilise des méthodes brutales contre lapopulation, comme en témoigne le lieutenant-colonel L.-F. De Montagnac,
officier de l’armée française durant la conquête de l’Algérie : « Toutes les
populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être
pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où
l’armée française a mis le pied [...]. Voilà comment il faut faire la guerre aux
Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les
femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises
1 A. Queffélec/Y. Derradji/V. Debov/D. Smaali-Dekdouk/Y. Cherrad-Benchefra. (2002) Le français en Algérie,
Editions Duculot, p.19.
9
ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme
des chiens. »2
Avec l’application de la politique de la terre brûlée, l’administration
française « désintégra tous les repères sociaux, économiques et culturels de
l’identité algérienne et leur substitua les référents de l’État colonial, symbolisé
par la puissance armée, le pouvoir politique, le pouvoir judiciaire et surtout
l’imposition de la langue française »3 comme outil de fonctionnement des
institutions coloniales, mais aussi comme seul moyen de communication avec la
population indigène en application de l’instruction publique qui vise comme
objectif « d’assurer la direction des esprits des colonisés. »4
Devant la puissance de l’armée française et les tentatives de dépossession
des algériens de leurs repères sociaux et de tous les symboles de l’identité arabomusulmane,
y compris la langue, les algériens ne sont pas restés les bras croisés.
Outre les résistances armées telle que celle de l’Emir Abdelkader, quelques
organismes hérités du système éducatif de l’Algérie précoloniale continuaient à
lutter contre la francisation du pays. De ce fait, certaines zaouïas, écoles
coraniques et medersas ont assuré l’enseignement de la langue arabe, du Coran,
et des principes religieux commandant le fonctionnement de la société
musulmane aux fins de conserver la culture et la religion des ancêtres.
Mais le pouvoir colonial, persuadé de la nécessité de bouleverser l’univers
de l’algérien, a procédé à l’élimination de toutes les structures éducatives
propres aux arabes, et n’a maintenu que quelques zaouïas considérées comme
2 LECLERC, Jacques. «Algérie» dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université
Laval, 31 décembre 2001, [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Afrique/Algérie.htm], (12 avril 2004), 80,2 Ko.
3 A. Queffélec/Y. Derradji/V. Debov/D. Smaali-Dekdouk/Y. Cherrad-Benchefra. (2002) Le français en Algérie,
Editions Duculot, p.19.
4 Duc d’Aumale, (1987) cité par Colonna, F. Savants paysans, Eléments d’histoire sociale sur l’Algérie rurale,
Alger, O.P.U, p.83.
10
« foyers de collaboration »5 dans lesquels l’enseignement de la lecture du Coran
était limitée au même titre que l’enseignement de la langue arabe. Les directives
de l’armée française en ce sujet furent très sévères, comme en fait foi ce
témoignage du Général Ducrot :
« Entravons autant que possible le développement des écoles musulmanes,
des medersas… Tendons, en un mot, au désarmement moral et matériel du
peuple indigène. »6
Ainsi, et malgré la résistance, le français est devenu la langue dominante et
officielle du pays, et parallèlement, le peuple algérien s’est transformé d’un
peuple plus ou moins éduqué et alphabétisé – comme en témoignent les
déclarations du général Valazé : « Presque tous les arabes savent lire et écrire.
Dans chaque village il y a deux écoles. »7 – à un peuple complètement illettré.
En dépit de la politique de l’implantation de la langue française en Algérie
et de l’hostilité exprimée par la population à l’égard de la langue française, les
algériens se sont trouvés refoulés devant les portes de l’école française. Ils
n’étaient autorisés d’étudier ni en arabe ni en français, par contre, ils étaient
obligés d’apprendre à parler en français, car cette langue est devenu désormais
celle du pain, celle qui leur permet de survivre.
En 1872, on comptait deux millions d’habitants en Algérie, dont quelque
245 000 étaient d’origine européenne, soit 12.2 % de la population, un chiffre
qui s’est multiplié par la suite. Les colons français étaient les garants des
commerces, de l’agriculture, de l’administration, en bref, de tous les secteurs.
Ces derniers « dominèrent la société algérienne et imposèrent la langue française
partout au pays ; cette langue devint quasi exclusive dans l’Administration,
5 A. Queffélec/Y. Derradji/V. Debov/D. Smaali-Dekdouk/Y. Cherrad-Benchefra. (2002) Le français en Algérie,
Editions Duculot, p.19.
6 Cité par Lacheraf, (1974), in A. Queffélec/Y. Derradji/V. Debov/D. Smaali-Dekdouk/Y. Cherrad-Benchefra.
(2002) Le français en Algérie, Editions Duculot, p.19.
7 Ibid. op. cité p.20.
11
l’enseignement et l’affichage »8, ce qui a favorisé l’apprentissage de cette langue
par une bonne partie de la population algérienne, mais tout en rejetant l’école
coloniale qui était considérée comme une « entreprise d’évangélisation »9. Ainsi
la population algérienne a montré un très fort attachement à l’Islam et à la
langue arabe. Le recours des algériens au régime scolaire français n’était en
réalité que pour combler le vide intellectuel imposé par le colonisateur. Cette
situation est celle de la plupart des intellectuels algériens qui ont vécu la
colonisation dont Kateb Yacine qui affirme :
« J’écris en français parce que la France a envahi mon pays et qu’elle s’y est
taillée une position de force telle qu’il fallait écrie en français pour survivre,
mais en écrivant en français, j’ai mes racines arabes ou berbères qui sont encore
vivantes. »10
En 1938, une loi française déclara l’arabe comme « langue étrangère en
Algérie ». Cela a favorisé, avec d’autres facteurs, le développement du
nationalisme algérien, commençant avec le dialogue et finissant un peu plus tard
avec le déclenchement de la guère de libération qui a mené le pays à
l’indépendance.
L’armée française a quitté l’Algérie, tout en laissant un ressentiment contre
la France de la part des algériens arabisants, contrairement à ce qui s’est passé
chez les pays voisins, le Maroc et la Tunisie.
Après l’indépendance, et dans une Algérie complètement francisée, deux
catégories d’intellectuels composent le champ culturel algérien : les
arabophones et les francophones. Cette situation a placé la langue française
signifiant de la colonisation dans un rapport conflictuel avec la langue arabe
8 LECLERC, Jacques. «Algérie» dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université
Laval, 31 décembre 2001, [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Afrique/Algérie.htm], (12 avril 2004), 80,2 Ko.
9 Cité par Lacheraf, (1974), in A. Queffélec/Y. Derradji/V. Debov/D. Smaali-Dekdouk/Y. Cherrad-Benchefra.
(2002) Le français en Algérie, Editions Duculot, p.21.
10 Lacheraf, M. (1976) l’Algérie : notion et société, SNED Alger, p. 326.
12
signifiant de l’identité arabo-musulmane, cette dernière a été considérée
fictivement comme langue nationale jusqu’aux années 70. De l’autre côté, la
langue française tout en dominant l’Algérie était officiellement considérée
depuis 1962 comme une langue étrangère.
Au fil des années, les courants anti-français ont réussi à appliquer des lois
visant la généralisation de la langue arabe en Algérie notamment : la loi Nº 91-5
du 16 janvier 1991 et l’ordonnance Nº 96-30 du 21 décembre 1996.
De 1962 à nos jours, et malgré les lois portant sur la généralisation de la
langue arabe et le statut attribué à la langue française, cette dernière ne semble
pas être étrangère. Jusqu’à aujourd’hui, la façade interne de nos administrations
fonctionne encore en français, nos écrivains publient encore en français, nos
universités assurent encore des cours en français, aux guichets des banques, des
clients remplissent encore les cheques en français, nos médecins rédigent encore
en français, nos laboratoires diffusent encore leurs rapports en français, certaines
factures nous parviennent encore en français. En bref, l’Algérie fonctionne
encore en français, et d’ailleurs, comme le constate R. Chaudenson : l’Algérie
« est le quatrième état étranger pour l’importation du livre en français. »11
Bien qu’elle se trouve au premier rang des pays francophones au monde,
l’Algérie a toujours refusé l’adhésion à la Francophonie. Elle s’est toujours
dérobée à toutes les rencontres qui ont donné naissance à la Francophonie, à
l’exception du IXe sommet du 18 octobre 2002 à Beyrouth, dans lequel le
président algérien a marqué sa présence en tant qu’invité personnel de son
homologue libanais. Dans son discours, le chef de la diplomatie algérienne a
expliqué les raisons de la participation de l’Algérie à cette réunion, ces dernières
paraissent d’abord politiques :
« Aujourd’hui, nous devons savoir nous départir de la nostalgie
chatouilleuse, qui s’exprime en repli sur soi, et nous ouvrir sans complexe à la
11 Chaudenson, R. (1988) Proposition pour une grille d’analyse des situations linguistiques de l’espace
francophone, Paris, A.C.C.T-I.E.C.F. p.1.
13
culture de l’autre, afin de mieux affronter le défi de la modernité et du
développement, par nous-mêmes et dans nous-mêmes [...]. L’usage de la langue
française est un lien qui assure notre unité. »12
Pour des raisons idéologiques, les courants anti-français étaient derrière
l’application d’une loi qui a donné aux algériens à partir de 1993 la possibilité de
choisir la première langue étrangère qui sera enseignée à leurs enfants au
primaire. Ils avaient à choisir entre l’anglais et le français. Avec cette démarche,
les décideurs ont visé à long terme la substitution de la langue anglaise à la
langue française en Algérie.
Tout au début de l’application de cette démarche, et avant même que cette
dernière n’a connu l’échec, les résultats des enquêtes du CNEAP (Centre
Nationale d’Etudes et d’Analyse pour la Planification) et celle de Y. Derradji
publiées dans son article intitulé : « Vous avez dit langue étrangère, le français
en Algérie ? », ont prévu que l’échec de cette démarche est inévitable. A propos
des résultats de ces enquêtes, Y. Derradji avance :
« …il se dégage de la lecture des données statistiques du Ministère de
l’Education Nationale et des résultats des deux enquêtes une nette préférence
pour la langue française. Choisie par 98,72 % de la population scolaire, le choix
de la langue française confirme et précise – tout simplement – le prestige de cette
langue chez les parents de ces élèves qui montre d’une part qu’elle reste en
position de force sur le marché linguistique algérien et d’autre part qu’elle a
encore de l’avenir en Algérie. »13
La langue anglaise est une langue étrangère en Algérie, de ce fait, il serait
très facile de la remplacer par la langue allemande ou bien la langue italienne
sinon par n’importe qu’elle autre langue étrangère. L’échec de la tentative de
12LECLERC, Jacques. «Algérie» dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université
Laval, 31 décembre 2001, [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Afrique/Algérie.htm], (12 avril 2004), 80,2 Ko.
13 Y. Derradji. « Vous avez dit langue étrangère, le français en Algérie ? », dans Les cahiers du SLADD,
Université Mentouri Constantine, SLADD (décembre 2002), p.21.
14
substitution de la langue anglaise à la langue française nous invite à nous poser
la question : la langue française est-elle vraiment étrangère en Algérie ?
La place de la langue française dans l’enseignement, le grand nombre
d’immigrés algériens sur le sol français, les liens intenses entre les deux pays,…
des facteurs entre autres qui assurent tous une place importante et particulière à
cette langue. Mais dès qu’il s’agit de discuter le statut du français en Algérie, on
se trouve pleinement dans l’ambiguïté. Pour mieux décrie le statut de la langue
française en Algérie, nous n’avons que reprendre ces mots de Rabah Sebaa :
« Sans être officielle, elle véhicule l’officialité, sans être la langue
d’enseignement elle reste la langue privilégiée de transmission du savoir, sans
être la langue d’identité elle continue à façonner de différentes manières et par
plusieurs canaux l’imaginaire collectif, sans être la langue d’université elle
demeure la langue de l’université. »14
14 R. Sebaa. (1999) cité par Y. Derradji, in « La langue française en Algérie : particularisme lexical ou norme
endogène? », dans Les cahiers du SLADD, Université Mentouri Constantine, SLADD (janvier 2004), p.22.
15
2- L’enseignement/apprentissage du FLE en Algérie :
2.1- Le français au collège (3ème palier) :
Depuis l’indépendance, la langue française ne s’est jamais dérobée des
programmes d’enseignement dans le système éducatif algérien. Mais dès
l’application de l’Enseignement Fondamental au début des années 80, sa place
semble être réduite remarquablement. Elle s’est transformée d’un médium
éducatif principal à une discipline enseignée parmi d’autres, au même titre que
les maths ou les sciences naturelles. Cette langue, comme le décrit la politique
du pays, est une « langue étrangère », ce statut a réduit le volume horaire
consacré à l’enseignement de cette discipline. Dans le cycle moyen – récemment
appelé collège – on comptait :
7ème AF 6 heures par semaine
8ème AF 5 heures par semaine
9ème AF 5 heures par semaine
5 heures ou 6 heures par semaine dans lesquelles il faut compter une heure pour
la séance de rattrapage, ce qui réduit encore le volume horaire.
Malgré son statut de « langue étrangère », la langue française occupe une
place particulière dans le système éducatif algérien, ce qui justifie le coefficient
(×3) accordé à cette langue (le même coefficient des matières dites principales)
au moment où l’anglais – langue étrangère aussi – ne compte que le coefficient
(×1).
L’enseignement du français au cycle moyen dans le système Fondamental
est réparti en 10 Dossiers, appelés aussi Unités Didactiques. Cette dernière est
répartie à son tour en 12 séances :
1ère séance : lecture compréhension.
2ème séance : lecture entraînement.
3ème séance : vocabulaire.
16
4ème séance : grammaire.
5ème séance : conjugaison.
6ème séance : orthographe.
7ème séance : exercices de consolidation.
8ème séance : lecture poésie.
9ème séance : expression écrite (préparation).
10ème séance : expression écrite (évaluation).
11ème séance : lecture suivie et dirigée.
12ème séance : compte rendu de l’expression écrite.
L’unité didactique est une notion qui a remplacé la notion de « Dossier »
dans l’Ecole Fondamentale depuis 1998, cette dernière a constitué le repère
fondamental de toute modalité de construction de l’enseignement/apprentissage
du FLE en Algérie. Elle a offert « l’avantage de proposer un cadre organisateur
qui place les activités pédagogiques à l’intérieur d’ensembles structurés et
cohérents.»15
Ainsi, l’Unité Didactique a adopté une autre manière d’enseigner,
notamment, par la prise en charge de certains paramètres souvent négligés tels
que :
1- La langue est faite pour communiquer.
2- On apprend une langue en situation.
3- La langue est un tout.
4- Formation d’utilisateurs conscients d’un outil linguistique.
A partir de l’année scolaire 2003/2004, le système éducatif algérien applique,
encore une fois, des réformes sur les programmes et le système d’enseignement,
remplaçant ainsi l’Ecole fondamentale par l’Enseignement Primaire +
l’Enseignement Moyen (collège).
15 www.oasisfle.com/documents/construire_son_ud.HTM
17
Concernant l’Enseignement Moyen, on compte quatre années d’études qui se
basent sur une nouvelle structure appelée « le projet pédagogique », ce dernier est
réparti en séquences (généralement 03 séquences par projet) dont la progression
est différente d’une année à une autre, et ce selon la compétence à installer.
Quant au volume horaire, le nouveau système a consacré au français 04
heures/semaine dont une séance de rattrapage. Ce volume horaire semble être
encore réduit par rapport à l’ancien système. Par contre il est à signalé que
l’apprentissage du français commence désormais à partir de la deuxième année
du primaire. Mais après deux ans d’essais, on a constaté l’incompatibilité des
volumes des programmes prévus en une année avec les volumes horaires
consacrés, ce qui a causé un nouveau remaniement concernant les volumes
horaires au début de l’année scolaire 2005/2006 en ajoutant deux heures de cours
pour chaque niveau, ce qui fait cinq heures de cours et une heures de rattrapage
pour tous les niveaux. Enfin, il faut noter qu’une nouvelle directive ministérielle a
confirmé que l’enseignement du français sera dispensé à partir de la 3ème année
primaire au lieu de la 2ème année, comme c’était le cas jusque-là. Ce nouveau
remaniement entrera en vigueur à partir de septembre 2006.
2.2- Finalités de l’enseignement du FLE au collège :
L’objectif général de l’enseignement du FLE au collège est de « développer
chez l’élève, tant à l’oral qu’à l’écrit, l’expression d’idées et de sentiments
personnels au moyen de différents types de discours.»16
Se basant sur la pratique des quatre skills (écouter/parler, lire/écrire),
l’apprenant arrivera progressivement à la construction de la langue et
l’utilisation de cette dernière à des fins de communication et de lecture.
« Il s’agira donc, pour l’élève de collège, à partir de textes variés ou écrits,
de se forger des outils d’analyse méthodologiques efficaces pour aborder ces
16 Iddou Said Omar. M/Dakhia Absi F.(2004),Guide de l’enseignant, première année de l’enseignement moyen,
ENAG, p.04.
18
textes ou en produire lui-même. Il affinera ces compétences méthodologiques et
linguistiques tout au long du cycle. »17
Avec les objectifs généraux du cycle moyen, chaque année d’étude possède
des objectifs spécifiques. Ces objectifs sont différents d’une année à une autre et
d’un projet à un autre selon la compétence que nous cherchons à installer chez
l’élève. Par exemple ; dans la première année, les compétences à installer sont :
• À l’oral18 :
• À l’écrit19 :
17 Ibid. op. cité, p.04.
18 Ibid. op. cité, p.05.
19 Ibid. op. cité, p.06.
Réception (écouter) Production (parler)
• Écouter pour réagir dans une
situation scolaire (classe, cours,
débat, exposé).
• Construire du sens à partir
d’un message orale.
• Construire son discours pour
un échange oral.
• Produire un énoncé cohérent
pour raconter.
• Produire un énoncé organisé
pour commenter.
• Résumer un texte écouté.
Réception (lire) Production (écrire)
• Construire du sens à partir
d’un texte écrit.
• Acquérir un comportement de
lecture autonome.
• Faire une lecture réflexive.
• Lire pour se documenter.
• Maîtriser les aspects
graphiques du français.
• Produire un écrit en fonction
d’une situation de communication.
• Produire des textes variés.
• Maîtriser les niveaux de
réécriture pour améliorer un
écrit.
19
Si nous observons les objectifs ci-dessus nous remarquerons, surtout à l’oral,
que l’installation des compétences est très liée à l’enseignant, autrement dit,
l’enseignant a une influence majeure sur la compétence installée. L’apprenant, en
écoutant son enseignant dans le but d’agir dans une situation, n’a qu’à reprendre
les actes de son enseignant ou bien reprendre des actes semblables.
3- Rôle de l’enseignant :
Depuis un certain temps, et avec les nouvelles tendances didactiques, la
conception de l’enseignent a beaucoup évoluée. Il n’est plus le garant de la parole
ni le constructeur des savoirs chez l’élève mais il en est le guide, autrement dit la
tâche de l’enseignant n’est plus de donner des savoirs en bloc à l’élève mais
d’aider l’élève à trouver et à construire ses savoirs et savoir-faire. C’est à partir
de ce principe que « le projet pédagogique réfère à la centration de l’acte éducatif
sur l’apprenant.»20
Ainsi, l’enseignement du FLE par projet pédagogique « se fonde sur un
principe fondamental : la construction consciente des savoirs et savoir-faire dans
la discipline par l’élève lui-même dans une relation de concertation et une
démarche de recherche »21, cette dernière s’appuie sur « l’observation,
l’expérience, l’interaction, et l’évaluation.»22
Ce rôle assigné à l’enseignant lui donne plus de mobilité et de liberté dans
ses pratiques langagières en classe, ainsi il joue le rôle d’accompagnateur, ce qui
lui permet de s’écarter de la norme et d’utiliser la langue dans ses différentes
variétés.
20 Ibid. op. cité, p.06.
21 Ibid. op. cité, p.08.
22 Ibid. op. cité, p.08.

Une réponse à “1- Le français en Algérie : histoire, place et statut par Bendieb Aberkane Mehdi”

  1. samia Dit :

    j’aimerai bien d’avoir un article sur le statut de la langue française en Algérie

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