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Azeffoun.Lieu de villégiature

10 février 2012

Ahmed Tessa

le 21/08/2007 | 20:09

La région n’a nullement besoin d’un coup de pub. La nature l’a si bien dotée en atouts féeriques, en rajouter risque de fausser l’image originelle. Des hommes et des femmes natifs de cette belle contrée l’ont inscrite en lettres d’or dans le registre du patrimoine culturel algérien.

Les odeurs parfumées de ses maquis et de ses forêts, les embruns et l’horizon azur de la mer, les scènes pittoresques des villageois absorbés dans les travaux de champs ou le dur labeur des métiers de la pêche : autant de sources d’inspiration inépuisables. Vers le sud, la ville est adossée au mont Tamgout, riche de ses arbres millénaires qui cachent des villages accrochés aux flancs de la montagne. Les ruines romaines trônent à 700 m d’altitude et constituent une curiosité de taille pour le visiteur. C’est à Thaddarth Ouffela qu’ils dorment du sommeil du juste depuis l’arrivée des troupes de César. Là, se situe le jardin familial des frères Hilmi. Ils y cultivent le souvenir de leurs ancêtres et font le pèlerinage chaque été. Vers l’Est, en allant sur Bougie, c’est le massif forestier de Bounaâmane habité par de petits hameaux désertés depuis la guerre de Libération. Vers l’ouest, en bord de mer, vous attendent les dolmens préhistoriques d’Aït Rahouna, un label ignoré s’il n’a pas été pillé depuis. Avec un peu de chance, en cette période estivale, vous pouvez tomber nez à nez avec El Hadj Boudjemaâ El Ankis, natif de ce village qu’il adore. L’air du pays le requinque et lui donne des forces. Une personnalité très respectée dans la région. C’est dans ces trésors du terroir que sont nés les talents et les génies de la chanson chaâbie avec les défunts Hadj El Anka et Hadj Mrizek pour ne citer que ces deux monstres du mandole ; de l’écriture romanesque avec son poète chéri tôt disparu, Tahar Djaout, l’un des maîtres de la musique universelle, Mohamed Iguerbouchène ; le virtuose du pinceau M’hamed Issiakhem ; le comédien aimé de l’Algérie entière avec son personnage de Hassan Terro, nous avons nommé Rouiched, sans oublier les complaintes des femmes opprimées chantées par H’nifa, la diva de la chanson kabyle. La liste est longue -– certains ont répertorié plus de deux cents noms d’artistes et autres hommes de culture dont les racines existentielles plongent dans l’humus nourricier de la région. A s’y méprendre, son relief ressemble à celui de la Corse avec ses plages de sable, ses petites baies à galets, les criques isolées, délices des touristes en quête de repos et d’air pur. L’ami chez qui vous allez, à Azeffoun, vous emmènera au centre-ville. Là, vous vous acquitterez du rituel incontournable de la rencontre avec ammi Kader, le spécialiste des glaces. Son savoir-faire dans le domaine lui a façonné une réputation non usurpée. Ses produits maison sont un délice pour le palais. Et encore, avec lui, vous aurez le pourboire en sus, eh oui ! Il est intraitable sur l’histoire de la ville et des villages environnants. Vous en aurez pour votre argent à l’écouter parler d’histoires vécues, d’anecdotes croustillantes ou simplement de légendes. Les établissements hôteliers bien tenus, car nantis d’un personnel avenant, sont abordables pour un passage au restaurant, une baignade dans la piscine ou un bronzage sur les portions de plage avoisinantes. A Azeffoun, joindre l’utile à l’agréable a été le principe qui a guidé les promoteurs privés. Ils ont construit leurs hôtels à une encablure du rivage. Une aubaine pour les touristes. Toutefois, seul point noir : Azeffoun se situe en Algérie. A l’instar de toutes les villes du pays, elle souffre à des degrés divers des mêmes maux. N’escomptez pas trouver un recueil de poésie de Tahar Djaout, une exposition des tableaux d’Issiakhem ou écouter une sonate d’Iguerbouchène, même H’nifa a disparu des étals. Le comble à Azeffoun ? La culture s’y meurt au rythme imprimé par la bêtise humaine. Consolation : ce tableau sombre n’est pas typique de cette magnifique ville méditerranéenne. Nous le retrouvons à l’identique partout dans le pays. Qui s’en plaindra ? «Normal», comme disent les jeunes. Seconde consolation : pour admirer à distance les beautés sauvages de ce coin paradisiaque un petit clic sur www.azefoun.com.

Ahmed Tessa

© El Watan

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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