RSS

Enseignants producteurs de l’échec

27 février 2012

Coupures de journaux

le 26.02.12 | 01h00

Un événement récent et malheureux m’a fait rappeler une pratique assez répandue dans les universités algériennes. Nous nous rappelons tous de ces cours difficiles dans lesquels la grande majorité des étudiants obtient une note inférieure à la note de passage, voire aucun étudiant n’était admis dans le cours.

 Les enseignants de ces cours aimaient se faire passer pour de grands connaisseurs dans leur domaine, et les étudiants finissent par se résigner en acceptant leur sort. Cette vieille pratique algérienne n’a pas complètement disparu, puisque récemment un enseignant a noté 250 étudiants avec un zéro dans un examen. Une telle pratique ne peut exister, à partir du moment où l’enseignant est évalué par les étudiants pour sa disponibilité en dehors du cours, son attitude, son entregent, sa maîtrise du contenu qu’il enseigne, la clarté de son exposé et la pertinence du matériel pédagogique. Ces évaluations par les étudiants servent l’enseignant lui-même pour prendre conscience de la qualité de son enseignement et pour l’améliorer.

Cependant, elles reposent sur le fait que l’étudiant est capable d’évaluer de bonne foi. Quand on enseigne une matière, il est toujours possible de composer un examen où aucun étudiant ne peut obtenir une note de passage. Il est difficile de donner une essence à cette pratique de l’évaluation de connaissances à l’extérieur de l’ignorance de ce qui est l’objectif d’un examen ou encore la vérification des connaissances acquises durant un cours. La compréhension de cet objectif conduit à une meilleure explication des résultats obtenus par des étudiants dans un cours en vue d’une amélioration de l’enseignement. Pour cela, il faut revenir à la notion d’un programme d’enseignement par le contenu. Un programme est un ensemble de thèmes structurés en cours qu’un étudiant doit acquérir durant une période de temps pour enrichir ses connaissances thématiques et pour développer des habilités dans une discipline ou dans un secteur donné. Il y a donc un objectif global pour un programme qui se décompose en objectif spécifique pour chaque cours, voire pour chaque groupe de cours.

Un enseignant connaît l’objectif spécifique qu’il doit atteindre dans le cours qu’il offre. Généralement, il dispose d’une description générique du cours. Et il lui appartient de l’affiner en choisissant le contenu approprié à transmettre aux étudiants, le matériel pédagogique et les travaux à leur faire faire pour mieux assimiler ce contenu, et enfin de choisir le contenu des examens pour la vérification des connaissances acquises. C’est ce dernier point dont l’importance a souvent été sous-estimée en Algérie (et dans les systèmes d’enseignement issus de la France). A partir du moment où l’examen sert à évaluer l’acquisition des connaissances, sa complexité doit égaler être celle du contenu enseigné. Autrement, il y a, soit une sous-évaluation, soit une surévaluation de l’apprentissage, et dans les deux cas il est difficile de valider l’objectif du cours. Ce schéma de l’enseignement suggère que les résultats d’un examen s’expliquent au moins par trois groupes de facteurs. Premièrement, il y a l’adéquation du contenu à transmettre avec l’objectif du cours tel qu’il est décrit dans le programme. Les programmes sont conçus pour assurer un apprentissage graduel à travers un séquencement de cours et donc de connaissances transmises aux étudiants.

Par exemple, on exige des connaissances préalables dans des cours précédents ou dans des cours concomitants pour pouvoir suivre un cours. L’enseignant prépare son matériel pédagogique de façon concertée avec ses collègues pour s’assurer de la cohérence du séquencement des notions apprises au préalable ou en concomitance. Deuxièmement, il y a l’engagement des étudiants pour acquérir les connaissances. Bien sûr, on peut rencontrer dans une classe quelques étudiants minimalistes qui ne voient pas plus loin que le diplôme qu’ils veulent obtenir à tout prix, sans se soucier de leur chance d’accéder à un emploi relatif à leur diplôme. Cependant, il y a une réalité qui fait mentir ces enseignants producteurs de l’échec ; pour être présents dans le cours, tous les étudiants ont réussi les cours précédents ou des examens nationaux. Troisièmement, il y a la présentation du contenu, l’entregent, la disponibilité et l’évaluation de connaissances.

Par exemple, les technologies de l’information sont devenues incontournables en enseignement et il existe de nombreux logiciels dans le domaine public pour produire le contenu, le rendre disponible, améliorer la qualité de l’exposé, intéresser l’étudiant, évaluer les travaux et reconnaître le plagiat. Revenons maintenant à l’enseignant producteur de l’échec. A travers les résultats obtenus par ses étudiants, cet enseignant avoue qu’il n’a pas atteint les objectifs du cours parce qu’il n’a pas été disponible pour les étudiants, ou il a mal évalué l’apprentissage, ou il a mal choisi le contenu, ou il a mal transmis la connaissance, ou il ne maîtrise pas le contenu, pour ne citer que ceux-là. Une évaluation erronée de la connaissance incombe à cet enseignant et à son établissement. Les universités devraient offrir des activités pédagogiques aux enseignants afin de les aider à mieux accomplir leur tâche d’enseignement et d’encadrement.

Par Djemel Ziou

Professeur, Canada

© El Watan

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

3 Réponses à “Enseignants producteurs de l’échec”

  1. Menad Dit :

    On produit quand on voit qu’il un résultat marqué ,une progression ou une amélioration constatée .Par exemple au primaire on peut choisir comment faire pour apprendre à apprendre ce n ‘est pas n’importe comment ?t je vois bien que cet article est très intéressant .Moi personnellement j’essaie toujours d’actualiser mes connaissances d’avoir et d’utiliser un matériel riche qui facilite la compréhension de la langue étrangère sans que j’utilise la langue maternelle.Avec de modestes manières j’essaie de progresser et progresser mes adorables apprenants et je suis un petit peu autonome.

  2. Menad Dit :

    Bonjour par exemple la lecture suivie je peux présenter une comptine dans le programme on utilisant le cahier d’activités de la quatrième année primaire et écouter la chanson éducative et texte suivi aux yeux en page 90 à partir de l’oral et comme ça ,on peut faire lier l’oral à l’écrit en demandant à l’apprenant de découvrir de quelle texte s’agit-il à des quatre textes .ils ont facilement donné le litre et ils ont bien suivi le texte mot par mot en écoutant les paroles , parole par parole en leur proposant une activité de l’écrit proposée en page 78 (cahier d’activités) « Si on veux ,on peux « 

  3. Menad Dit :

    Et ,j’ai vu le rendement immédiat .C’est une technique que je veux la faire partager avec mes collègues pour qu’ils puissent s’en sortir et améliorer le rendement des apprenants.Bon courage!!!

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

Diana et Thierry |
La Coquelicote |
lilicorentin |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | dididoune
| Un grain de sable dans le d...
| LUNA