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LES THEORIES DE L’APPRENTISSAGE La psychologie appliquée à l’enseignement des langues étrangères.

1 mars 2013

09.Bechar, A. A B B O U D

fichier doc 23.Doc.Péd.C.04.La psychologie appliquéeDIRECTION DE L’EDUCATION                           INSPECTION DE L’ENSEIGNEMENT 

DE LA WILAYA DE TLEMCEN                        FONDAMENTAL  -  REMCHI (Français).

 

Décembre 1995.

LES THEORIES  DE L’APPRENTISSAGE

 

La psychologie appliquée à l’enseignement des langues étrangères.

                                                                                                               

En s’appuyant davantage sur les recherches de la linguistique et de la psychologie, l’enseignement des langues étrangères a pu réaliser d’immenses progrès dans la recherche de la voie du succès et de l’efficacité.

C’est ainsi que la psycho-linguistique s’est intéressée de plus en plus à l’enseignement et à l’apprentissage des langues (langue maternelle et langue étrangère). Des recherches passionnantes furent entreprises et se poursuivent encore dans ce domaine.

Parmi les problèmes psychologiques qui concernent directement l’enseignant de langue :

-         La perception,

-         L’imitation,

-         Le raisonnement,

-         La mémoire,

-         La motivation,

-         La faculté d’abstraction,

-         La généralisation,

-         Le rôle du conditionnement,

-         Le rôle du renforcement,

-         Le rôle que joue l’âge dans l’aptitude à apprendre une langue,

-         Les étapes du développement mental de l’enfant,

-         Les intérêts de chaque âge,

-         Etc.

A partir de ces points, les psycho-linguistes ont essayé d’établir un parallélisme entre le processus d’acquisition d’une langue maternelle et le processus d’apprentissage d’une langue étrangère, c’est-à-dire, ils ont essayé de calquer un apprentissage sur un autre. Pour bien comprendre ce phénomène, nous reprenons le processus d’acquisition de la langue maternelle.

I- L’ACQUISITION DE LA LANGUE MATERNELLE :

On sait que pour accéder au langage, les bébés ont besoin d’une stimulation, le cas « des enfants loups » nous montre qu’isolés très jeunes de leur communauté humaine linguistique, certains bébés humains ont été élevés par des animaux (surtout des louves) et ont acquis le langage des animaux (leur éleveur). Arrivés à un certain âge, ces enfants risquent de ne plus pouvoir parvenir au langage humain (un langage articulé).

On sait aussi que beaucoup de retards du langage sont dus à l’insuffisance d’échanges linguistiques avec l’entourage. Certains adultes  ne jugent pas indispensable de répondre aux cris ou aux appels de leur bébé.

On sait aussi que l’imitation jour un rôle important dans l’acquisition d’une langue et surtout au moment de l’apparition des premiers mots.

Les mécanismes qui entrent en jeu dans l’acquisition du langage sont complexes : développement physique, intellectuel et affectif se mêlent. Cependant, on peut décrire les principales phases de l’acquisition d’une langue maternelle.

 

A- LE PRE-LANGAGE : (de 0 à 15 mois)

Ce sont les premiers cris (ou vagissements) et les premières activités verbales (vocalisation et babillage ou lallation). C’est la période du gazouillis : d’abord voyelles puis consonnes avec une richesse extrême de modulations. A ce stade aussi, le bébé est apte à comprendre globalement le message de l’entourage familier.

 

B- LE PETIT LANGAGE : (de 15 à 30 mois)

Le signe-cri est remplacée par le signe-articulé (le mot). Le babil se transforme en message, les mots-phrases apparaissent : c’est surtout l’intonation qui leur donne généralement un sens. A ce stade aussi, commence le procédé de l’imitation de l’entourage et la reproduction de certains modèles articulatoires.

 

C- LE LANGAGE : (de 30 mois à 6 ans)

Apparition des énoncés à deux mots (la juxtaposition). Utilisation des énoncés avec des mots-pivots (mots-clés) généralement des verbes. Le langage s’appuie sur d’autres moyens de communication (mimiques, gestes, …) pour être compris. Enrichissement du vocabulaire de l’enfant, acquisition des mots grammaticaux (articles, pronoms personnels, les possessifs, les prépositions, etc.). Ce n’est que bien après que l’enfant arrive à employer les conjonctions (coordination, subordination), les adverbes et les expressions circonstancielles.

Malgré les imperfections, vers six ans, l’enfant dispose généralement d’un langage qui se rapproche sensiblement de celui des adultes.

 

L’acquisition de la langue maternelle se fait en trois phases naturelles :

1-    L’intégration : c’est la période de compréhension globale du message de l’entourage familier.

2-    L’assimilation : c’est la période d’imprégnation où le bébé imite son entourage et reproduit certains modèles articulatoires.

3-    La restitution : c’est le moment des productions personnelles, période où l’enfant commence à former ses propres énoncés (d’abord la juxtaposition de deux mots puis  des énoncés avec des mots-pivots et enfin des énoncés simples avec des mots grammaticaux).

 

Partant de ces trois étapes naturelles, les psycho-linguistes ont établi trois moments dans l’apprentissage d’une langue étrangère :

a)- Premier moment : une phase de présentation.

b)- Deuxième moment : une phase d’analyse.

c)- Troisième moment : une phase de synthèse.

Ces trois moments sont appliqués aussi bien dans une activité, une séquence que dans une unité didactique ou un projet.

 

II- LES FACTEURS FAVORABLES A L’ACQUISITION :

En quoi l’apprentissage d’une langue étrangère se différencie-t-il de l’acquisition d’une langue maternelle ?

Pendant l’acquisition de la langue maternelle, cette dernière bénéficie de certains caractères spécifiques qui lui sont favorables.

Parmi les facteurs favorables à l’acquisition d’une langue maternelle, on cite :

 

1- La lenteur du processus : Du cri à la phrase, c’est un travail prodigieux qui s’effectue progressivement pendant six années.

 

2- Des étapes privilégiées : A ce stade, l’enfant bénéficie d’étapes privilégiées. Chaque étape de l’acquisition de la langue maternelle se fait parallèlement aux étapes naturelles de son développement neurophysiologique et mental.

 

3- La fraîcheur physiologique : Les prédispositions de l’enfant sont encore fraîches, exemple les organes de son appareil phonatoire. Des études récentes ont montré que les tout jeunes enfants discriminent les sons de façon beaucoup plus fine et peuvent faire entendre certains sons que leurs parents seraient incapables de reproduire mais avec le temps et l’âge, l’enfant se limite seulement aux sons du système phonétique de son entourage. Cette « fraîcheur linguistique » s’affaiblie avec l’âge comme la mémoire.

 

4- Les motivations : Les motivations de l’enfant apprenant sa langue maternelle sont naturelles et profondes. Par le biais de la langue, l’enfant éprouve un besoin d’agir et de se manifester comme individu dans son milieu. La langue devient alors un instrument de communication et un moyen d’intégration dans le groupe.

 

Comme nous venons de voir, l’acquisition de la langue maternelle est avantagée par rapport à l’apprentissage d’une langue étrangère.

 

III- LES DIFFICULTES DE L’APPRENTISSAGE :

 

1- La motivation : On constate un manque de motivation chez la plupart des élèves apprenant une langue étrangère. Les élèves n’apprennent une langue étrangère que parce que  cela fait partie de l’emploi du temps et des programmes officiels. La présence des élèves au cours de langue française est obligatoire administrativement mais certains élèves n’éprouvent aucun besoin d’assister aux séances de cette langue étrangère.

 

2- L’horaire : La langue maternelle est encouragée hors de l’école, à l’école et, malheureusement, même pendant les séances de langue étrangère par certains enseignants qui recourent à la traduction.  L’horaire accordé à l’enseignement / apprentissage de la langue étrangère est très limité. Il est difficile d’installer et de développer des compétences et des habitudes linguistiques à raison de trois ou cinq heures par semaine d’enseignement collectif.

 

3- L’âge de l’apprenant : L’âge de l’apprenant jour un très grand rôle dans l’aptitude à apprendre une langue étrangère. Certes, l’apprentissage de la langue française ne suit pas le processus d’acquisition de la langue maternelle qui se fait à partir de la naissance de l’enfant, cependant, plus un sujet apprend tard – c’est-à-dire à un âge avancé – une langue étrangère, plus il sera exposé aux difficultés de l’apprentissage car les motivations naturelles et profondes de la langue maternelle seront remplacées par des motivations artificielles et superficielles. Passé la première décennie de la vie, la « fraîcheur physiologique » s’affaiblit ainsi que la prédisposition à apprendre n’importe quelle langue étrangère (ce caractère inné chez tous les êtres humains).

« L’apprentissage d’une langue étrangère dépend de la fraîcheur physiologique et psychologique du cerveau. Plus un cerveau est jeune, plus il est souple, perméable et malléable ; cette vérité est bien connue car il n’échappe à personne que l’enfant assimile très vite. Plus on apprend tôt, mieux on apprend. Cette hypothèse a été confirmée par le Docteur Wilder Penfield, directeur de l’institut de neurologie de Montréal dans son livre langage et mécanismes cérébraux où il cite : < Le cerveau d’un enfant est plastique. Le cerveau d’un adulte, quelque efficace qu’il puissent être en d’autres domaines, est habituellement inférieur à celui de l’enfant en ce qui concerne le langage (…) Pour l’apprentissage des langues, le cerveau humain devient progressivement raide et rigide après l’âge de neuf ans (…) Il existe une horloge biologique aussi bien pour le cerveau que pour les glandes de l’enfant (…) Lorsque l’étude des nouvelles langues est entreprise pour la première fois pendant la seconde décennie de la vie, il est difficile, bien que non impossible, d’arriver à un bon résultat. C’est difficile parce que ce n’est pas physiologique > ».

L’exemple des « enfants-loups » capturés après l’âge de 8 ans : ces derniers n’ont jamais bien appris à parler la langue articulée car leur développement physiologique et cérébral a franchi une étape irréversible.

 

4- Le statut de la langue étrangère : Là, il faut tenir compte des habitudes de communication liées à la situation socio-culturelle du sujet apprenant.

Chez certains élèves, on a constaté que la langue française occupe un statut de langue première et l’arabe celui de langue seconde. Ces élèves ne connaissent pas les difficultés de l’apprentissage par contre, chez la majorité des élèves, la langue française constitue une langue étrangère et l’enseignement/apprentissage de cette langue place généralement ces sujets dans une situation de déséquilibre. L’élève apprenant une langue étrangère s’approprie plus ou moins consciemment différents points de vue et des normes de comportements caractérisant les personnes parlant cette langue.

 

5- L’attitude des parents : Pour certains parents analphabètes ou issus d’un milieu rural, la langue française représente la langue de l’ex-ennemi (le colonialisme français). Ces parents dénigrent l’apprentissage de la langue française devant leurs enfants. Ils font détester inconsciemment et la langue française et les enseignants de cette langue à leur progéniture.

 

6- L’influence de la langue maternelle : En langue française, dès que l’élève parle d’un sujet dont il a l’habitude d’aborder en langue maternelle, les interférences linguistiques se produisent automatiquement. Le phénomène des interférences est encouragé aussi par le procédé des traductions d’une langue à une autre. S’il y a des dégradations linguistiques, elles vont porter sur la langue étrangère et la langue première reste intouchable. La langue maternelle peut influer sur la langue seconde sur tous les niveaux d’organisation du langage (les systèmes phonétique, morpho-syntaxique et lexical).

 

7- L’enseignement de masse : Le nombre considérable d’élèves par classe influe sur la quantité et sur la qualité de l’enseignement d’une langue. L’enseignement / apprentissage de masse (collectif) constitue l’une des causes des échecs scolaires, comme le souligne le psychologue américain B.F.SKINNER dans son livre  La révolution scientifique de l’enseignement : « Il n’est pas plus efficace pour enseigner à penser que pour enseigner à nager. Si nous jetons un groupe d’enfants dans un étang, quelques uns d’entre eux réussiront à gagner la rive et à en sortir. Nous pouvons prétendre leur avoir appris à nager, bien que la plupart nagent fort mal. Quant aux autres, ils couleront (…) Quand nous enseignons à penser, nous ne voyons pas ceux qui coulent, et nous ne voyons pas à quel point pensent mal ceux qui survivent. Cette méthode n’instruit pas, elle sélectionne simplement les sujets capables d’apprendre tout seuls ».

 

                                                                                                               A.  ABBOUD

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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