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EVALUATION DES MANUELS SCOLAIRES. 4°AF – 5°AF – 6°AF.

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

 

MINISTERE DE L’EDUCATION                                         INSPECTION DE L’EDUCATION ET

NATIONALE                                                              DE L’ENEIGNEMENT FONDAMENTAL

DIRECTION DE L’EDUCATION                                                                     REMCHI.

DE LA WILAYA DE TLEMCEN                                                                 Langue française – 2° palier.

 

JOURNEES D’ETUDE ORGANISEES

                                                  AU MOIS DE DECEMBRE 1999.

                        THEME :    Evaluation du manuel scolaire de la 4°AF

(Livre de lecture)

    Travaux de recherche effectués par :                                   Sous la direction de :

Les enseignants (es) de français                                          Monsieur ABBOUD Abdelmalek

I.  E.  E..  F.  de français

 

EVALUATION  DES  MANUELS  SCOLAIRES.

4°AF – 5°AF – 6°AF.

 

I – PRESENTATION  MATERIELLE :

Les manuels scolaires de français du  2°cycle (4°AF, 5°AF, 6°AF) en usage (depuis les années 1980) ont été conçus et élaborés dans le cadre de l’avènement de l’école fondamentale conformément aux principes fondamentaux énoncés par l’ordonnance  n° 76-35 du 16 avril   1976 portant organisation de l’éducation et de la formation.

Les trois manuels scolaires élaborés au sein  d’un même organisme (IPN) s’inspirent des mêmes principes méthodologiques et ne sont, en fait, que des applications d’une même méthode qu’ils illustrent plus ou moins à leur façon, bien que leurs contenus soient différents en se référant à  différents programmes communicatifs et  linguistiques.

Les manuels en question (livres de l’élève) sont accompagnés de guides du  maître (édités sous forme de fiches) formant ainsi des ensembles pédagogiques.

 

II – OBJECTIFS  DE  L’EVALUATION :

L’évaluation envisagée des livres de  lecture ( 4° AF ,5° AF , 6°AF ) va porter essentiellement sur les aspects linguistiques ( les contenus ) et pédagogiques (adéquation)  en faisant abstraction  de l’aspect technique  (physique ) des manuels .

Cette opération d’évaluation s’est fixé deux objectifs  primordiaux :

1-    Appréciation des ressources que les livres de lecture mettent à la disposition de leurs utilisateurs : pour une meilleure exploitation sur  le terrain.

2-    Mesure des insuffisances que présentent les manuels : pour apporter les correctifs nécessaires  (adaptation, élaboration).

III – DEFINITIONS : Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?

1 – Un manuel ou un ensemble pédagogique  n’est qu’un  outil mis à la disposition de l’enseignant et des enseignés pour les aider à (faire) acquérir la langue étrangère.

2- C’est un référent pour l’enseignant et ses élèves.

3-    Ce n’est pas un programme officiel qu’il faut respecter à la lettre.

4-    Ce n’est pas une progression  qu’il faut suivre linéairement. Les livres de lecture doivent être exploités à la carte en fonction des besoins langagiers des  apprenants.

5-    Ce n’est pas  une méthode (un assemblage abstrait  d’hypothèses et de  procédures) :

Différentes  étapes à suivre. Sachant bien sûr que l’élaboration d’un manuel scolaire est toujours sous – tendue par une méthode.

 

IV- FONCTION  DU MANUEL :

Un manuel  scolaire en tant que support d’enseignement / apprentissage remplit différentes fonctions auprès de ses  utilisateurs.

1-    Fonction  pédagogique : (la plus évidente).

         Le livre de lecture est conçu pour l’apprentissage de la langue française : maîtrise des mécanismes de la lecture, présentation des structures lexicales, syntaxiques et morphologiques (conjugaison, orthographe), des effets de style, des modèles discursifs (types de textes),…

2-    Fonction scientifique :

Le livre de lecture transmet un certain nombre de connaissances scientifiques et technique aux usagers.

3-    Fonction civilisationnelle : ou socio – culturelle.

Il permet à l’élève de connaître d’autres horizons : c’est une ouverture sur d’autres cultures et civilisations.

4-    Fonction idéologique : (la moins évidente)

Le livre de lecture véhicule la philosophie de l’institution. Il présente des types d’identification porteurs de valeurs. Ces types sont proposés à l’imitation (image de la société, type de comportement, type de pensée, …)

 

V – OUTILS   D’ANALYSE :

Toute opération d‘évaluation qui se veut scientifique devrait s‘appuyer sur des instruments d’analyse (critères, grille, …). L’évaluation d’un manuel scolaire devrait  au moins se faire à la lumière  des quatre paramètres suivants :

  1. Paramètre d’adéquation : avec les objectifs, les programmes, le public, le contexte socio –culturel.
  2. Paramètre pédagogique : l’aspect pédagogique des contenus thématiques et linguistiques.
  3. Paramètre d‘utilisation : démarches et techniques proposées.
  4. Paramètre technique : l’aspect physique du manuel en tant que matériel. Pour la présente étude, on s’est contenté uniquement des deux premiers paramètres. Ces derniers seront traduits en une dizaine de critères pertinents.

 

                   LIVRE  DE  LECTURE  DE  LA  4°AF.

 

1- ORIGINES  DES TEXTES  PROPOSES :

Le livre de lecture de la 4°AF est un dispositif pédagogique composé de six (06) parties :

1.1-         Les acquisitions globales : c’est une étape de présentation :

-         des quatre personnages principaux,

-         des quatre supports linguistiques.

1.2-         L’étude des voyelles : les six voyelles de base (a- i- o- u- e / é) à partir des phrases-clés.

1.3-         L’étude des autres sons : au total quarante sept (47) phonèmes sont présentés. Chaque son subit un assouplissement complet : phrase de présentation, montage de syllabes, lexique illustré (des mots contenant le son étudié) et texte de lecture. Les différents énoncés proposés sont des supports fabriqués.

1.4-         Les comptines et les récitations :

Pour  les comptines, sept (07)  textes fabriqués et un seul support réécrit (adapté) à partir du texte «brut » de la comtesse de Noailles.

Quant aux récitations, cinq poèmes authentiques sont suggérés pour l’apprentissage.

1.5-         Des histoire à lire : pour l’initiation des élèves à la lecture suivie et dirigés, trois textes réécrits (adaptés pour la circonstance) figurent dans le manuel scolaire.

1.6-         Un dictionnaire élaboré : qui reprend les 244 mots proposés en lexique illustré. Ce dictionnaire, composé essentiellement de mots concrets (des substantifs), recense toutes les lettres de l’alphabet sauf « Q-U-W-X-Y ».

D’une façon générale, le livre de lecture de la 4°AF contient des supports fabriqués, probablement par l’équipe de L’IPN, à des fins pédagogiques.

 

2- AUTEURS DES TEXTES PROPOSES :

Les seuls auteurs cités par les concepteurs du manuel sont ceux qui sont à l’origine des textes poétiques ou des textes suivis (histoire à lire). Dans les deux cas, il s’agit de lettrés étrangers.

A part ces deux types de textes, l’ensemble des supports proviennent des auteurs du manuel scolaire.

 

3- GENRE  DE  TEXTES :

Il s’agit de textes littéraires même si certains corpus véhiculent certaines connaissances à caractère scientifique et / ou technique.

(Exemples : « Connais – tu les baleines ? »(Page 71), « Connais – tu les dauphins ? » (Page 91),  « La naissance d’un papillon » (page 97), …

La forme littéraire des supports facilite l’enseignement  / apprentissage et des mécanismes de base de la lecture orale (par le biais des textes expressifs) et des moyens lexico – syntaxiques du français langue étrangère.

 

4- TECHNIQUES  D’EXPRESSION :

Les concepteurs du manuel ont eu recours aux trois formes classiques des textes que l’on retrouve généralement  en littérature à savoir le dialogue, le récit et la description. Néanmoins, le couple dialogue / description semble couvrir la majorité des corpus élaborés. On signale toutefois la présence de quelques textes prescriptifs (exemple : «Une recette pour faire des gâteaux », page 87).

5-    THEMES  DEVELOPPES :

Une dizaine de centres d’intérêts sont ciblés à travers les textes suggérés :

a) – l’univers de la maison,

b) – le monde de l’école,

c) – la vie courante,

d) – le monde des jeux, du sport et des loisirs,

e)- le monde animal (baleine, dauphin, papillon),

f) – les plantes,

g) – les saisons,

h) – les métiers,

i)- le monde du travail,

j) – la communauté nationale (le lever des couleurs, la journée de l’arbre, la prévention routière, l’Algérie- notre pays).

La majorité de thèmes abordés semblent faire corps avec le programme de l’étude du milieu. Ce sont des thèmes attrayants soit à l’environnement familier des élèves soit au monde de la science. Cependant, les quatre derniers thèmes de la liste (les saisons, les métiers, le monde du travail, la communauté nationale) pourraient ne pas intéresser tous les enfants inscrits en première année de français (4°AF).

 

6- NATURE  ET  FONCTION  DES  ILLUSTRATIONS :

Les illustrations sont en nombre suffisant ; elles accompagnent les différents outils didactiques (phrases – clés, lexique illustré, textes). Faites à la main et d’une qualité qui parfois laisse à désirer, les auxiliaires visuels présentés sont un apport considérable pour la compréhension. Tantôt statiques, tantôt dynamiques (sous forme de B.D.), ces supports s’avèrent indispensables.

Néanmoins,  certains dessins n’interprètent pas fidèlement la signification des signes linguistiques écrits qu’ils sont censés représentés (exemples : « Elle a de la peine », page 70-« Un examen », page 78-« Un boxeur », page 78- « Il éteint », page 88,..).

 

7- ADEQUATION  DES TETES  PROPOSES :

D’une façon générale, les supports proposés semblent adaptés :

7.1- La psychologie des apprenants :

Dans la mesure où ils tiennent compte de l’âge, du goût et des intérêts des enfants concernés. Les différents énoncés mettent en scène des personnages – enfants et des personnages – animaux dans des situations de communication tantôt réelles, tantôt imaginaires. Les supports proposés présentent aussi un autre avantage : il s’agit de la typologie des textes. Ces petits corpus discursifs, narratif ou descriptifs plaisent aux enfants.

7.2- L’environnement immédiat des enfants :

Par le choix des centres d’intérêts (thèmes) qui ont un rapport,  d’une part, avec le monde de l’enfant et, d’autre part, avec le milieu socio- culturel du public visé.

7.3- Le niveau linguistique des élèves :

Les supports didactiques fabriqués ou réécrits par les concepteurs du manuel sont pertinents dans la mesure où leurs contenus linguistiques sont judicieusement adaptés au niveau langagier des élèves de 1° année d’apprentissage du FLE (des apprenants non natifs en milieu francophone).

8- EVALUATION  NOTIONNELLE  DES  TEXTES :

8.1- Le lexique utilisé :

Sans aucun doute, le lexique utilisé se réfère à l’inventaire du F.F.1 (français fondamental 1° degré) qui regroupe environ 1500 mots (1200 lexèmes et 300 morphèmes). Cet inventaire qui ne date pas d’aujourd’hui (ayant été élaboré en 1959 par le C.R.E.D.I.F.) comporte certains termes vieillis (exemple : « une livre de viande », page 59-« une livre » est une ancienne unité de poids qui équivaut à un demi kilogramme).

Le répertoire lexical mis en usage couvre les champs lexicaux suivants :

a)- Les effets vestimentaires,

b)- Les objets de l’environnement scolaire,

c)- Les parties du corps humain,

d)- Les animaux,

e)- Les plantes, les fruits et les légumes,

f)- Les nombres arithmétiques,

g)- Les objets usuels,

h)- La vie quotidienne.

Ce lexique – d’un niveau de langue courant- est indispensable pour établir une communication (émission / réception d‘un message) avec un  usager moyen. Cependant l’introduction de certains termes scientifiques et techniques en liaison avec l’éducation technologique (exemples : «  une borne, une arête, un angle, un serre-joint,.. ») pourrait poser quelques problèmes de compréhension.

Enfin, on signale l’utilisation de certains procédés de facilitation  tels que le raccourcissement des mots (exemples : «  un car, un kilo, le zoo,.. ») et le recours au registre familier (exemples : « une moto, un vélo, papa, maman, bébé, mimi,.. »)

Ces procédés qui étaient en vogue dans un certain temps semblent encore opérationnels pour enrichir les capacités lexicales des apprenants.

8.2- Les structures syntaxiques adoptées :

La phrase simple (verbale et nominale) et la phrase composée (juxtaposition ou coordination de propositions indépendantes) structurent l’ensemble des énoncés proposés.

Le recours aux formes classiques du discours (l’affirmation, l’interrogation, la négation, l’exclamation, le présentatif) est un procédé fort répandu dans le livre.

La grammaire de phrase mise en usage par les auteurs des énoncés (qui se réfèrent à la grammaire structurale de Jean DUBOIS et René LAGANE) tient compte exclusivement des éléments de base indispensables pour une production / compréhension d’une phrase.

Quant à la grammaire de texte, il semble que cette dernière ne soit pas une priorité – chez les auteurs du manuel- dans la mesure où les textes élaborés présentent uniquement des faits juxtaposés : la cohérence (rapport sémantique entre les actes de communication) et la cohésion (rapport syntaxique entre les segments textuels) font manifestement défaut.

Un texte de lecture en tant qu’outil didactique devrait mettre en jeu le développement de la capacité des apprenants à comprendre des phrases et aussi leur capacité à savoir comment ces phrases sont utilisées à des fins de communication (organisation du discours).

8.3- La morphologie utilisée :

Les temps du discours (présent, futur, passé composé) et le présent de l’impératif orientent les différentes actions citées dans les énoncés proposés. Les verbes les plus utilisés sont ceux du 1° groupe ainsi que les verbes usuels (avoir, être, aller, dire, faire,..) à la 3° personne du singulier (il, elle).

Les concepteurs des textes ont eu recours le plus souvent aux catégories de mots suivants :

- Les noms (propres et communs),

- Les verbes (d’action et d’état),

- Les pronoms personnels (sujets et compléments),

- Les mots outils (articles, prépositions).

Il semble que les notions linguistiques exploitées dans les textes répondent, d’une part, à la demande de l’institution (les programmes officiels) et,  d’autre part, aux besoins élémentaires des apprenants pour comprendre / produire des phrases conformes aux structures syntaxiques de base de la langue française.

8.4- Le style adopté :

S’agissant de textes fabriqués à des fins linguistiques (exposition de structures lexicales et morpho – syntaxiques), le style  adopté est simple et accessible cependant il donne peu d’intérêt à l’aspect communicatif. Les auteurs des énoncés ont adopté une  langue neutralisée du point de vue des articulateurs logiques du discours et des ressorts de l’affectivité (les sentiments, les émotions).

Les dialogues suggérés (textes dialogués) véhiculent une parole peu naturelle,  éloignée de l’authentique communication entre usagers réels de la langue française (exemples : absence des interjections, des exclamations, des adverbes de circonstance et d’opinion et même de la dynamique conversationnelle).

 

9- VALEEUR  PEDAGOGIQUE  DU  MANUEL  SCOLAIRE :

9.1- Adéquation textes proposés – objectifs généraux :

Dans le livre de lecture de la 4°AF figurent des énoncés pour l’enseignement / apprentissage de la lecture mais aussi des comptines, des poèmes et même des textes suivis (trois histoires à lire). Mais étant donné que l’apprentissage de la récitation en 1°année est un apprentissage par audition et que l’approche globale des longs textes (lecture suivie et dirigée) est une pratique laissée aux initiatives pédagogiques des enseignants, on limitera la présente évaluation uniquement aux énoncés de la lecture (cités auparavant).

Le manuel scolaire de la 4°AF est conçu exclusivement pour l’enseignement / apprentissage de la lecture scolaire (différente de la lecture instrumentale : celle que font les adultes par exemple).

9.1.1- Objectifs généraux de la lecture en 4°AF :

Les objectifs généraux assignés à l’enseignement / apprentissage de la lecture sont traduits en termes de compétences à installer au terme de la 4°AF.

a)- Une compétence de lecture : maîtrise des mécanismes de base de la lecture orale (lecture correcte, courante et expressive).

b)- Une compétence de compréhension : approche sémantique des énoncés (phrases /  textes). Apprendre à lire c’est apprendre à comprendre.

c)- Une compétence linguistique : enrichissement implicite et occasionnel des capacités langagières des apprenants par des moyens lexicaux et des structures morpho-syntaxiques.

d)- Une compétence d’expression  / communication : développement de l’expression des apprenants (exemple : répondre correctement à une question orale ou écrite).

9.1.2- Pertinence des supports proposés :

Les différents outils proposés (phrases –clés, montage des syllabes, lexique illustré, textes) semblent pertinents pour atteindre les objectifs généraux cités auparavant néanmoins, on peut soulever certaines réserves quant à la progression adoptée et à la méthode proposée par les concepteurs du manuel scolaire.

9.2- Pertinence de la progression adoptée par le manuel :

La progression d’apprentissage adoptée s’articule sur trois axes :

- Les acquisitions globales (phase de présentation),

- L’étude des voyelles (06 voyelles : « a, i, o, u, e/é »),

- L’étude des autres sons (47 sons : un mélange de consonnes, de voyelles et de semi  – voyelles ou semi – consonnes).

Au total 52 sons sont proposés à l’étude :

- 20 voyelles (14 voyelles orales et 06 voyelles nasales),

- 26 consonnes,

- 06 semi – voyelles (ou semi-consonnes).

La progression adoptée comporte non seulement un nombre important de reprises phonétiques (segmentation de l’étude d’un même phonème en deux ou trois graphèmes),

Exemples : « an /am » page 48 puis « en / em » page 54) mais aussi des omissions (exemples : la voyelle nasale « un » de « brun / humble » et la semi – voyelle « ui » de « pluie »).

Or, vu les temps d’enseignement / apprentissage insuffisants pour couvrir l’ensemble des contenus (52 sons) programmés (déficit horaire causé par le passage de 07 à 05 heures hebdomadaires de français), le regroupement de l’étude de certains sons sur la base de critères scientifique s’avère indispensable.

Scientifiquement parlant, l’alphabet phonétique international (A.P.I) de la langue française ne compte que 36 phonèmes :

- 16 voyelles (12 orales et 04 nasales,

- 17 consonnes,

- 03 semi- voyelles (ou semi- consonnes).

Sur cette base, on peut procéder à des allègements en regroupant l’étude des différents graphèmes sur la basse de leur réalisation sonore.

Exemples :

- an / am (page 48)            avec en /em (page 54).

- g (page 42)                     avec gui (page 64).

- ai  (page 66)                   avec ei (page 70).

- er / ez (page 58)             avec et (page 62).

- in / im (page 72)            avec ain /aim (page 84) et ein (page 88).

- ill (page 96)                   avec ail / eil / euil (page 98).

- ion (page 100)               avec y (page 102).

- ….

Néanmoins cette opération de regroupement des sons exige une adaptation / élaboration de nouveaux supports didactiques par les enseignants.

9.3- Pertinence de la méthode proposée par le manuel :

Il s’agit d’une méthode mixte (analytique / synthétique) qui part de la phrase – clé pour aboutir à la lecture d‘un texte en passant par la combinatoire phonétique (syllabes) et la combinatoire lexicale (lexique illustré).

Si les anciennes méthodes de lecture (la méthode analytique ou globale et la méthode synthétique) ont eu des mérites et des limites, de nos jours, la méthode mixte semble en vogue. Cependant la démarche proposée par le manuel scolaire soulève certaines réserves.

L’étude de la combinatoire phonétique (montage des syllabes), comme séance à part, pourrait renforcer la dissolution entre les signes écrits et les significations exprimées et confiner l’apprentissage de la lecture orale dans le stade du déchiffrement (la syllabation) alors que lire c’est comprendre.

De ce fait, l’étude de la combinatoire phonétique devrait être systématiquement liée à la première (1°) séance (présentation illustrée de la phrase –clé introduisant le son à étudier)

Dans la dernière séance de la méthode proposée (lecture d‘un texte), la lecture des phrases décontextualisées lors de l’étude des douze (12) premières consonnes, pourrait favoriser la compréhension pointilliste (mot à mot) des énoncés d’où risque du recours à la traduction implicite ou explicite en langue arabe et émergence des interférences sémantiques arabo- françaises. Dans un petit énoncé (exemple : une phrase), on a tendance parfois à tout expliquer.

Dans le cadre du développement de la compétence communicative des apprenants, il semble judicieux de fournir le plus tôt possible aux élèves des textes ayant du SENS pour développer leurs capacités de compréhension globale des corpus (alors qu’ils sont encore incapables de comprendre le sens de chaque mot et de chaque détail).

 

10- IDEOLOGIE  VEHICULEE  PAR  LES  TEXTES  PROPOSES :

Les textes de lecture proposés véhiculent une certaine image de la société et présentent quelques orientations (type de pensée, type de comportement) aux jeunes algériens.

10.1- Avoir une pensée scientifique (à travers les textes à caractère scientifique et technique) : « Connais – tu les baleines ? » (Page 71), « Connais – tu les dauphins ? » (Page 91),…

10.2- Le sens de l’organisation et de la propreté : « Il est midi » (page 53), « La ronde des temps » (page 55), « Le goûter » (page 43),…

10.3- L’amour des métiers manuels et du travail : « Que feras – tu plus tard ? » (Page 83), « L’apprenti menuisier »  (page 95), « Départ pour le travail » (page 99).

10.4- La protection de la faune et de la flore : «  Au zoo » (page 51),

« Naissance d’un papillon » (page 97), « La journée de l’arbre » (page 49),…

10.5- L’amour de la patrie : « Le salut au drapeau » (page 61), « Veux – tu connaître l’Algérie, notre pays ? » (Page 103),….

10.6- Etre un citoyen sociable (respectueux des conventions de la société et de la vie communautaire) : « La journée du cross » (page 45), « La journée de l’arbre » (page 49), « Au dispensaire » (page 75), « La visite de l’usine » (page 93), « Départ pour le travail » (page 99), « Semaine de prévention routière » (page 101).

 

CONCLUSION   GENERALE.

La présente évaluation n’a nullement l’intention de faire le procès des livres de lecture en usage. Il est question de les décrire et de les examiner afin d’aider le praticien à apprécier la cohérence et la pertinence didactiques des instruments qui lui sont proposés.

Les livres de lecture (4°AF, 5°AF, 6°AF) ont été conçu à un moment donné (fin des années soixante dix – 1970) pour un public donné pour répondre à certains objectifs déterminés conformément aux finalités de l’école fondamentale (voir ordonnance N° 76-35 du 16 avril 1976 portant organisation de l’éducation et de la formation).

Avec les réaménagements apportés aux programmes (septembre 1994), les objectifs de l’enseignement / apprentissage de la langue française ont évolué ainsi que les méthodes mais malheureusement les outils didactiques (manuels scolaires) n’ont pas suivi. D’où émergence relative d’un certain écart entre les nouveaux objectifs assignés aux activités de langue (y compris la lecture) et les supports didactiques mis à la disposition des élèves et des enseignants. Cet écart s’est accentué, dans certains cas, par le décalage psychologique, socio-culturel et linguistique entre les textes de lecture proposés et le public concerné : absence relative de zones d’inter-compréhension (de communicabilité).

Une grande partie des supports proposés ont été fabriqués ou réécrits à des fins pédagogiques en se référant à :

-         la grammaire structurale (de Jean DUBOIS et René LAGANE),

-         l’inventaire lexical du F.F.1 et F.F.2 (du C.R.E.D.I.F.),

-         le V.G.O.S. (vocabulaire général à orientation scientifique).

Ces outils visent beaucoup plus l’installation d’une compétence linguistique (maîtrise des systèmes de la langue) qu’une compétence communicative (savoir comprendre et s’exprimer par écrit).

Il est exact que ce n’est pas le manuel qui enseigne et encore moins lui qui apprend. C’est-à-dire l’efficacité relative du manuel, comme pour tout outil, dépend autant de la manière dont on l’utilise que de ses qualités propres. Et il y a toujours plusieurs manières d’utiliser un même manuel.

Etant donné que le livre de lecture n’est qu’un outil, un moyen et non un programme officiel et encore moins une progression ou une méthode, il semble judicieux de l’utiliser à la carte (au lieu d’une utilisation linéaire : page après page, texte après texte et ligne après ligne).

Pour ce faire, il faut se conformer aux principes méthodologiques suivants :

1-    Les contenus des textes de lecture ne sont pas des fins en soi mais des moyens, des supports pour réaliser des objectifs.

2-    Tout texte de lecture n’est qu’un prétexte.

3-    Choisir des textes de lecture conformément aux objectifs généraux assignés à l’enseignement / apprentissage de telle ou telle type de lecture (lecture-exercice, Lecture-activité, lecture-recherche, lecture-projet).

4-    Sélectionner / adapter les segments textuels en fonction des capacités intellectuelles des apprenants et de leurs besoins langagiers.

5-    Se dégager de la contrainte d’une lecture intégrale de chaque texte : une partie limitée mais bien choisie permet  d’atteindre l’objectif.

6-    L’enseignant doit faire preuve d’initiatives, de réflexion personnelle et d’esprit de recherche pédagogique soit pour adapter (réécrire) les outils didactiques en usage soit pour élaborer de nouveaux  matériaux.

Fait à Remchi, le 30/12/1999.

L’I.  E.  E  .F. 

A.  ABBOUD

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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