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THEME : Evaluation du manuel scolaire de la 6°AF

2 mars 2013

Non classé

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

 

MINISTERE DE L’EDUCATION                               INSPECTION DE L’EDUCATION ET

NATIONALE                                           DE L’ENEIGNEMENT FONDAMENTAL

DIRECTION DE L’EDUCATION                                                      REMCHI.

DE LA WILAYA DE TLEMCEN                                           Langue française – 2° palier.

 

JOURNEES D’ETUDE ORGANISEES

                                                  AU MOIS DE DECEMBRE 1999.

          THEME :    Evaluation du manuel scolaire de la 6°AF

(Livre de lecture)

    Travaux de recherche effectués par :                                   Sous la direction de :

Les enseignants (es) de français.                             Monsieur ABBOUD Abdelmalek

I.  E.  E..  F.  de français

 

EVALUATION  DES  MANUELS  SCOLAIRES.

4°AF – 5°AF – 6°AF.

 

I – PRESENTATION  MATERIELLE :

Les manuels scolaires de français du  2°cycle (4°AF, 5°AF, 6°AF) en usage (depuis les années 1980) ont été conçus et élaborés dans le cadre de l’avènement de l’école fondamentale conformément aux principes fondamentaux énoncés par l’ordonnance  n° 76-35 du 16 avril   1976 portant organisation de l’éducation et de la formation.

Les trois manuels scolaires élaborés au sein  d’un même organisme (IPN) s’inspirent des mêmes principes méthodologiques et ne sont, en fait, que des applications d’une même méthode qu’ils illustrent plus ou moins à leur façon, bien que leurs contenus soient différents en se référant à  différents programmes communicatifs et  linguistiques.

Les manuels en question (livres de l’élève) sont accompagnés de guides du  maître (édités sous forme de fiches) formant ainsi des ensembles pédagogiques.

 

II – OBJECTIFS  DE  L’EVALUATION :

L’évaluation envisagée des livres de  lecture ( 4° AF ,5° AF , 6°AF ) va porter essentiellement sur les aspects linguistiques ( les contenus ) et pédagogiques (adéquation)  en faisant abstraction  de l’aspect technique  (physique ) des manuels .

Cette opération d’évaluation s’est fixé deux objectifs  primordiaux :

1-    Appréciation des ressources que les livres de lecture mettent à la disposition de leurs utilisateurs : pour une meilleure exploitation sur  le terrain.

2-    Mesure des insuffisances que présentent les manuels : pour apporter les correctifs nécessaires  (adaptation, élaboration).

III – DEFINITIONS : Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?

1 – Un manuel ou un ensemble pédagogique  n’est qu’un  outil mis à la disposition de l’enseignant et des enseignés pour les aider à (faire) acquérir la langue étrangère.

2- C’est un référent pour l’enseignant et ses élèves.

3-    Ce n’est pas un programme officiel qu’il faut respecter à la lettre.

4-    Ce n’est pas une progression  qu’il faut suivre linéairement. Les livres de lecture doivent être exploités à la carte en fonction des besoins langagiers des  apprenants.

5-    Ce n’est pas  une méthode (un assemblage abstrait  d’hypothèses et de  procédures) :

Différentes  étapes à suivre. Sachant bien sûr que l’élaboration d’un manuel scolaire est toujours sous – tendue par une méthode.

 

IV- FONCTION  DU MANUEL :

Un manuel  scolaire en tant que support d’enseignement / apprentissage remplit différentes fonctions auprès de ses  utilisateurs.

1-    Fonction  pédagogique : (la plus évidente).

         Le livre de lecture est conçu pour l’apprentissage de la langue française : maîtrise des mécanismes de la lecture, présentation des structures lexicales, syntaxiques et morphologiques (conjugaison, orthographe), des effets de style, des modèles discursifs (types de textes),…

2-    Fonction scientifique :

Le livre de lecture transmet un certain nombre de connaissances scientifiques et technique aux usagers.

3-    Fonction civilisationnelle : ou socio – culturelle.

Il permet à l’élève de connaître d’autres horizons : c’est une ouverture sur d’autres cultures et civilisations.

4-    Fonction idéologique : (la moins évidente)

Le livre de lecture véhicule la philosophie de l’institution. Il présente des types d’identification porteurs de valeurs. Ces types sont proposés à l’imitation (image de la société, type de comportement, type de pensée, …)

 

V – OUTILS   D’ANALYSE :

Toute opération d‘évaluation qui se veut scientifique devrait s‘appuyer sur des instruments d’analyse (critères, grille, …). L’évaluation d’un manuel scolaire devrait  au moins se faire à la lumière  des quatre paramètres suivants :

  1. Paramètre d’adéquation : avec les objectifs, les programmes, le public, le contexte socio –culturel.
  2. Paramètre pédagogique : l’aspect pédagogique des contenus thématiques et linguistiques.
  3. Paramètre d‘utilisation : démarches et techniques proposées.
  4. Paramètre technique : l’aspect physique du manuel en tant que matériel. Pour la présente étude, on s’est contenté uniquement des deux premiers paramètres. Ces derniers seront traduits en une dizaine de critères pertinents.

 

LIVRE  DE  LECTURE  DE  LA  6° AF.

 

1- ORIGINE DES TEXTES DE LECTURE :

Le livre de lecture de la 6° A.F  est composé de 158 textes dont 134 textes en prose et 24 textes poétiques. Ces derniers sont exclusivement des textes authentiques, extraits de documents « bruts »  par contre les textes en prose se répartissent comme suit :

-          02% de textes authentiques : ce sont des articles de presse et des planches publicitaires.

-         32% de textes fabriqués (par le soin de l’équipe de l’IPN) : il s’agit des textes documentaires et des textes proposés dans les dossiers monographiques.

-         66% de textes réécrits : ce sont des textes d’auteurs connus mais qui ont été  retravaillés à des fins pédagogiques. Il s’agit surtout des trois récits d’aventure :

-         Cinq semaines en ballon (d’après Jules  VERNE).

-         Le livre de la jungle (d’après Rudyard KIPLING)

-         Robinson  Crusoë (d‘après Daniel  DEFOE)

Ainsi la majorité des  corpus textuels proposé sont des supports réécrits pour  des raisons de progression linguistique.

 

2-AUTEURS  DES TEXTES :

Les textes proposés proviennent  d’auteurs étrangers (64% contre 36 % d’auteurs algériens). Ce sont les classiques qui dominent  (56 % contre 44% de contemporains).

Certes, la littérature enfantine n’est pas prospère cependant certains auteurs étrangers ont émergé du lot et se sont penchés sur la question tels que Jules VERNE, Antoine SAINT- EXUPERY, Jacques PREVERT,…..

 

3- GENRE DE TEXTES :

Les trois récits d’aventures qui constituent presque l’ossature du livre de lecture sont composés  de textes à caractère littéraire (59%). Cet aspect littéraire est évident dans la majorité des textes d‘approche, des textes cibles et des textes suivis. Quant aux corpus à caractère scientifique et technique (36¨%), ils sont représentés par les textes documentaires. On enregistre aussi 05% de textes divers (articles de presse, bandes dessinées, publicité).

Si les textes littéraires se prêtent beaucoup mieux que d’autres pour l’enseignement / apprentissage d‘une langue étrangère, l’option scientifique et technique que sous- tendent  les principes fondamentaux de l’école fondamentale n’a pas été pour autant négligée.

 

4- TECHNIQUES  D’EXPRESSION :

Les textes proposés (en prose) mettent en relief cinq types de textes ou techniques d’expression classés comme suit :

-         37% de textes purement narratifs (des récits)

-         28% de textes expositifs,

-         20%de textes descriptifs,

-         10% de textes purement discursifs (des dialogues),

-         05% de textes prescriptifs.

Néanmoins, on constate que le couple récit- dialogue se taille la part du lion dans les textes d’approche, textes cibles et textes suivis par contre les textes expositifs, descriptifs et prescriptifs sont généralement des textes documentaires ou des corpus dans les dossiers monographiques.

Si le récit / dialogue se prête mieux à l’apprentissage de la langue, l’expositif / descriptif / prescriptif constitue un support indéniable pour la transmission des connaissances scientifiques, techniques, historiques et civilisationnelles.

 

5-THEMES DEVELOPPES :

Le livre de lecture est traversé par une dizaine de thèmes qui se répartissent comme suit :

5.1- Les découvertes et les inventions (D. DEFOE)…. ….. : 28% des textes.

5.2- Les aventures extraordinaires (J. VERNE)……………: 18% des textes.

5.3- La vie en société animale (R. KIPLING)…………….  : 18% des textes.

5.4- La protection de la faune (les animaux)…. …………… : 07% des textes.

5.5- L’histoire des premiers aviateurs et cosmonautes…….  : 07% des textes.

5.6- Les vestiges du passé………………………………….  : 05% des textes.

5.7- L’Islam………………………………………….….….  : 05% des textes.

5.8- La protection de la flore (les plantes)………………….  : 04% des textes.

5.9- Comment s’informer ? (Le journal)……………………  : 04% des textes.

5.10- L’histoire de la guerre de libération nationale…….….  : 04% des textes.

Les trois premiers thèmes non seulement, ils sont dominants dans la meure où ils couvrent 64% des textes proposés mais aussi ils sont en parfaite adéquation avec les centres d’intérêts des enfants (aspect psychologique). Les autres thèmes suggérés sont vus uniquement du côté des adultes : ils sont moins attrayants. Néanmoins, leur présence est justifiée par la transmission d’un certain message socio – culturel.

6- NATURE ET FONCTION DES ILLUSTRATIONS :

Le manuel est parsemé de petits dessins faits à la main et incorporés aux textes de lecture. Ces supports visuels sont, certes, en nombre suffisant mais malheureusement ils ne sont pas adaptés aux goûts des enfants (du point de vue qualité).

Il s’agit d’illustrations qui reprennent certains aspects sémantiques des textes mais parfois elles ne sont ni suggestives ni représentatives.

 

7- ADEQUATION DES TEXTES :

7.1- La psychologie des apprenants :

Excepté les trois récits d‘aventures (cinq semaines en ballon, les aventures de la jungle, Robinson Crusoë), les textes proposés présentent peu d’intérêt pour les enfants. Sachant bien que le public concerné aime surtout les récits imaginaires pleins d’actions et d‘émotions, les textes descriptifs, expositifs et prescriptifs tissés autour d‘une thématique particulière non adaptée aux goûts, à l’âge et aux intérêts des apprenants dressent beaucoup plus d‘obstacles que de servir de supports à l’apprentissage de la langue française.

7.2- L’environnement immédiat des enfants :

Il se trouve que les textes monographiques, en dépit de leurs difficultés discursives, prennent en considération certains aspects de l’environnement immédiat du public visé (volets culturel, social, spirituel et civique). Néanmoins, la majorité des textes de lecture se réfère à des « lieux » étrangers au monde des enfants concernés. Ces textes là ne permettent pas, d’une part, aux enseignants de susciter la motivation des enseignés et, d’autre part, aux apprenants de faire des hypothèses de sens (compréhension par anticipation).

7.3- Le niveau linguistique réel des enfants :

Certes, la majorité des corpus textuels ont été retravaillés (réécrits ou fabriqués) à des fins pédagogiques cependant il semble que les supports en question ne soient pas à la portée de tous les enfants. Le niveau linguistique réel des apprenants de la 3° année de français (6°AF) souffre de certaines carences tant sur le plan communicatif (émission et réception des messages oralement et par écrit) que sur le plan cognitif (maîtrise des règles lexicales et morpho- syntaxiques élémentaires).

 

8- RAPPORT  TEXTES – OUTIL  LINGUISTIQUE :

8.1- Le lexique utilisé :

Le livre de lecture s’inspire des inventaires lexicaux élaborés par le CREDIF (Centre de Recherche et d‘Etude pourla Diffusiondu Français) à savoir le français fondamental 1° et 2° degré (FF1 – FF2). Certes, on reproche – sous d‘autres cieux – à ce répertoire d‘avoir vieilli (parce que crée en 1959) cependant il véhicule des lexèmes d’un niveau courant.

Les textes documentaires et les textes monographiques se réfèrent au Vocabulaire Général d’Orientation Scientifique (V.G.O.S). Il s’agit d’un lexique spécialisé à caractère scientifique et technique qui exposerait la réflexion des apprenants à de dures épreuves.

8.2- Les structures syntaxiques :

On constate dans un même texte une cohabitation des phrases simples (verbales et nominales) et des phrases complexes (juxtaposition, coordination et voire même subordination de deux ou trois propositions). On note aussi un réinvestissement fréquent des différents types de phrases (l’affirmation, la négation, l’interrogation, l’exclamation, la passivation et l’emphase soit par gallicisme soit par reprise).

Le programme officiel de la 6°AF portant sur le fonctionnement de la phrase se concrétise à travers les textes de lecture.

Néanmoins certains textes descriptifs, expositifs et prescriptifs mettent en usage un discours très élaboré. Il s’agit du discours des sciences et des technologies avec ses propres modalités spécifiques aussi bien au niveau du lexique qu’au niveau de la grammaire de la phrase.

8.3- Le style adopté :

Lorsqu’il est question des textes d’approche, cibles et suivis proposés dans les trois récits d’aventures, le style adopté semble simple puisqu’il s’agit dans la majorité des cas des textes sous forme de récits dialogués (textes plus ou moins aérés). Les temps du discours (présent, futur, passé composé) côtoient les temps du récit (imparfait, passé simple). Le mode indicatif est, certes, dominant cependant les services de l’impératif et du subjonctif présent sont aussi sollicités.

Les textes documentaires et les supports des dossiers monographiques (l’aviation, l’espace, la faune, la flore, le journal, les vestiges du passé, le drapeau, l’Islam) qui sont  dans la majorité des cas des textes descriptifs, expositifs ou prescriptifs recourent à un registre de langue plus ou moins soutenu voire même parfois recherché. Ces textes denses (où chaque mot est porteur de sens) font appel à la fonction référentielle du langage.

 

9- VALEUR  PEDAGOGIQUE  DES  TEXTES  PROPOSES :

Pour élucider ce point, une confrontation entre les textes proposés et les objectifs généraux assignés à tel ou tel type de lecture s’avère indispensable.

9-1- Textes d’approche (lecture -exercice).

9.1.1- Objectifs généraux:

a)-Amener l’élève à maîtriser les mécanismes de base  de la lecture orale à savoir apprendre à faire une lecture individuelle (à haute voix correcte, courante et expressive).  Compétence de lecture orale.

b)- Permettre à l’enseignant de présenter intuitivement / implicitement le thème de l’unité didactique, la technique d’expression (modèle discursif) et les moyens linguistiques qui seront systématisés ultérieurement (dans les autres séances). Rôle de présentation.

9.1.2- Supports proposés :

S’agissant dans la majorité des cas de textes narratifs et / ou dialogués (donc textes expressifs), les supports permettent de travailler les objectifs généraux cités. Cependant les outils prévus dans les dossiers monographiques pourraient constituer des obstacles étant donné qu’il s‘agit de textes longs très condensés.

 

9-2- Texte cible : (lecture – activité).

9.2.1- Objectifs généraux :

a)     Apprendre à l’élève à réfléchir ; apprendre à lire c’est aussi apprendre à penser, c’est à dire être capable de passer du signe écrit à la signification exprimée (dégager les idées secondaires et les idées essentielles d’un texte).   Compétence de compréhension de l’écrit.

b)    Enrichir la langue des élèves par de nouvelles structures  lexicales et syntaxiques. Compétence linguistique.

c)     Amener l’élève à s’exprimer : le texte de lecture est un excellent prétexte pour développer l’expression des élèves (exemple : répondre à une question posée). . Compétence d’expression.

 

9.2.2- Supports proposés :

Lorsque le support N°2 (texte cible) est une reprise plus ou moins nuancée du support N°1 (texte d’approche.), la construction du sens du second corpus est réalisable. Dans les autres cas, l’accès à la compréhension s’avère difficile.

Dans certaines situations, la longueur des textes et le style adopté (registre soutenu) pourraient servir d’entraves à l’intelligence du texte cible.

9-3- Texte documentaire : (lecture – recherche).

9.3.1- Objectifs généraux :

a)     Amener l’apprenant à rechercher les informations véhiculées dans le texte par le biais d’une lecture personnelle (silencieuse) avec ou sans prise de notes (cahier d‘essais, livre,…). Initiation à la recherche personnelle.

b)    Entraîner l’apprenant à élargir ses connaissances et à satisfaire ses besoins (s’informer). Compétence de lecture autonome.

9.3.2- Supports proposés :

En dépit du vocabulaire scientifique et technique (spécialisé) intentionnellement mis en usage dans les textes documentaires, les supports proposés répondent dans la majorité des cas aux objectifs généraux cités.

La longueur excessive de certains textes pourrait être surmontée par un choix judicieux des segments pertinents.

9-4- Textes suivis : (lecture – projet).

9.4.1- Objectifs généraux :

a)- Entraîner les élèves à lire silencieusement (rapidement) des textes longs et à comprendre le sens global de chaque passage à la lumière d’une directive de lecture donnée (consigne).

b)- Habituer l’enfant à l’effort d’attention qui fait suivre de partie en partie le héros d’un écrit, le fil d’une histoire et de garder présent à l’esprit l’ensemble des événements de l’histoire : la notion de continuité.

c)- Donner le goût de la lecture aux élèves : « faire naître et entretenir le désir de lire », « développer des attitudes de sympathie à l’égard du texte écrit ».

9.4.2- Support proposés :

Les trois récits d’aventures proposent chacun de très larges extraits d’une même histoire. Avec ces outils, les objectifs généraux de la lecture suivie et dirigée sont réalisables.

Quant aux textes des dossiers monographiques, il semble que ces supports ne soient pas pertinents pour atteindre les objectifs cités. Il s‘agit de corpus isolés à caractère descriptif, expositif ou prescriptif non attrayants.

9-5- Texte poétique : (lecture – poème / récitation).

9.5.1- Objectifs généraux :

a)     Apprentissage des mécanismes de base de la langue orale (la diction) : entraîner à bien prononcer / articuler, bien parler.

b)    Enrichissement de l’expression des élèves par de nouvelles structures lexicales et syntaxiques.

c)     Formation de la sensibilité esthétique et du goût des élèves par le contact avec de belles œuvres.

d)    Entraîner et fortifier la mémoire par des mots, des expressions et des rythmes.

9.5.2- Supports proposés :

Les vingt – quatre (24) supports proposés sont des textes authentiques d’auteurs étrangers à l’exception du poème de Mohamed DIB « Moi qui parle, Algérie ». Certes, les outils suggérés sont d’une esthétique indéniable cependant ils présentent plusieurs difficultés tant sur le plan linguistique (niveau de langue très recherché) que sur le plan thématique (référence à des horizons lointains). Les objectifs généraux assignés à l’enseignement / apprentissage de la récitation pourraient être entravés.

 

10- IDEOLOGIE VEHICULEE PAR LES TEXTES PROPOSES :

La conception d’un manuel scolaire se réfère à un ensemble d’hypothèses pédagogiques, linguistiques, psychologiques, sociologiques, technologiques, esthétiques et idéologiques. Il n’y a pas de conception ou de pratique d’enseignement innocente. Le livre de lecture de la 6° AF n’en fait pas exception, il est traversé par un faisceau idéologique qu’il faut lire en filigrane.

10-1- Image de la société à travers les textes :

Il est question d’une société :

-         à caractère socialiste : la vie en communauté avec les spécificités telles que le sacrifice pour les autres, la morale du groupe, la justice et l’égalité entre les citoyens.  Ces principes sont inculqués à travers les textes « cinq semaines en ballon » et «les aventures de Mowgli ».

-         dans le cadre des valeurs arabo-islamiques :

Idéaux véhiculés par les textes des dossiers monographiques :

-         « les vestiges du passé »,

-         « la lutte de libération nationale »,

-         « l’Islam ».

10-2- Orientations proposées au jeune algérien :

(Type de pensée, attitude et comportement).

a)     Orientation scientifique et technique : A travers les textes

-         Des dossiers concernant l’histoire des premiers aviateurs et cosmonautes.

-         La majorité des textes documentaires.

b)    Formation d’un esprit scientifique : Avec les qualités de précision, de clarté, de concision et de rigueur logique (esprit cartésien).

-         L’ensemble des textes documentaires

c)-Formation d’un citoyen « créatif », inventif (actif, productif).

-         Les aventures de Robinson CRUSOE : survivre avec les moyens de bord et son intelligence.

d)- Inculcation de l’amour de la patrie et du respect des symboles de la nation :

-         Le patrimoine culturel,

-         Le drapeau (l’histoire),

-         L’Islam,

-         Les ressources du pays (la faune et la flore).

e)- Formation d’un être sociable : respectant les conventions (les règles de la vie communautaire, les droits de l’homme et les libertés fondamentales).

Exemples :

- Les voyageurs en ballon (d’après J. VERNE).

- Les animaux dans la forêt (d’après R.KIPLING).

- La protection de la faune et de la flore.

f)- Ouverture de l’être sur d’autres horizons (les nouvelles du pays et les nouvelles du monde).

-         Textes concernant le dossier monographique «le journal ».

 

 

CONCLUSION   GENERALE.

La présente évaluation n’a nullement l’intention de faire le procès des livres de lecture en usage. Il est question de les décrire et de les examiner afin d’aider le praticien à apprécier la cohérence et la pertinence didactiques des instruments qui lui sont proposés.

Les livres de lecture (4°AF, 5°AF, 6°AF) ont été conçu à un moment donné (fin des années soixante dix – 1970) pour un public donné pour répondre à certains objectifs déterminés conformément aux finalités de l’école fondamentale (voir ordonnance N° 76-35 du 16 avril 1976 portant organisation de l’éducation et de la formation).

Avec les réaménagements apportés aux programmes (septembre 1994), les objectifs de l’enseignement / apprentissage de la langue française ont évolué ainsi que les méthodes mais malheureusement les outils didactiques (manuels scolaires) n’ont pas suivi. D’où émergence relative d’un certain écart entre les nouveaux objectifs assignés aux activités de langue (y compris la lecture) et les supports didactiques mis à la disposition des élèves et des enseignants. Cet écart s’est accentué, dans certains cas, par le décalage psychologique, socio-culturel et linguistique entre les textes de lecture proposés et le public concerné : absence relative de zones d’inter-compréhension (de communicabilité).

Une grande partie des supports proposés ont été fabriqués ou réécrits à des fins pédagogiques en se référant à :

-         la grammaire structurale (de Jean DUBOIS et René LAGANE),

-         l’inventaire lexical du F.F.1 et F.F.2 (du C.R.E.D.I.F.),

-         le V.G.O.S. (vocabulaire général à orientation scientifique).

Ces outils visent beaucoup plus l’installation d’une compétence linguistique (maîtrise des systèmes de la langue) qu’une compétence communicative (savoir comprendre et s’exprimer par écrit).

Il est exact que ce n’est pas le manuel qui enseigne et encore moins lui qui apprend. C’est-à-dire l’efficacité relative du manuel, comme pour tout outil, dépend autant de la manière dont on l’utilise que de ses qualités propres. Et il y a toujours plusieurs manières d’utiliser un même manuel.

Etant donné que le livre de lecture n’est qu’un outil, un moyen et non un programme officiel et encore moins une progression ou une méthode, il semble judicieux de l’utiliser à la carte (au lieu d’une utilisation linéaire : page après page, texte après texte et ligne après ligne).

Pour ce faire, il faut se conformer aux principes méthodologiques suivants :

1-    Les contenus des textes de lecture ne sont pas des fins en soi mais des moyens, des supports pour réaliser des objectifs.

2-    Tout texte de lecture n’est qu’un prétexte.

3-    Choisir des textes de lecture conformément aux objectifs généraux assignés à l’enseignement / apprentissage de telle ou telle type de lecture (lecture-exercice, Lecture-activité, lecture-recherche, lecture-projet).

4-    Sélectionner / adapter les segments textuels en fonction des capacités intellectuelles des apprenants et de leurs besoins langagiers.

5-    Se dégager de la contrainte d’une lecture intégrale de chaque texte : une partie limitée mais bien choisie permet  d’atteindre l’objectif.

6-    L’enseignant doit faire preuve d’initiatives, de réflexion personnelle et d’esprit de recherche pédagogique soit pour adapter (réécrire) les outils didactiques en usage soit pour élaborer de nouveaux  matériaux.

Fait à Remchi, le 30/12/1999.

L’I.  E.  E.  F. 

A.  ABBOUD

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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