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Perfectionnement méthodique et pratiques culturelles ou Les deux voies du perfectionnement en lecture
On le sait, la question de la compréhension en lecture est essentielle. Mais au-delà de l’identification des mots, faire le sens dans un texte n’est pas donné à tous les lecteurs ; dès lors « apprendre à comprendre » devient un objectif fondamental de l’école primaire.
Des chercheurs comme Michel Fayol ont fait apparaître que les processus cognitifs intervenant dans la compréhension ne se mettent pas en marche naturellement, par le simple exercice de la lecture : tenir compte des marques morpho-syntaxiques, grouper les mots par paquets pour construire des propositions sémantiques, gérer les reprises anaphoriques, inférer lorsque l’information n’est pas explicite etc., toutes ces opérations mises en œuvre presque à son insu par le lecteur expert ne sont pas spontanées chez le lecteur hésitant. On a pu montrer que le progrès dans ce domaine est lié à la prise de conscience par l’enfant de ces opérations elles-mêmes, de ce qu’il faut faire pour comprendre. Cela peut se faire à l’occasion d’ateliers de lecture où l’adulte, à partir de textes idoines, aide à faire éclore cette prise de conscience ; ou bien grâce à des activités d’entraînement, des exercices peut-être d’un nouveau genre, amenant à la maîtrise de ces processus.
Mais il est vain de croire que le seul perfectionnement méthodique serait source de progrès. L’entraînement systématique ne peut assurer la maîtrise au point d’expertise attendu, c’est-à-dire celui de la mise en œuvre rapide et simultanée de tous ces processus dans une lecture fluide, « immédiatement comprenante ». Pour y parvenir, l’exercice abondant de la lecture est indispensable ; le développement de la « masse critique », en deçà de laquelle l’intégration des processus ne pourra se développer, est une nécessité. La mise en œuvre importante de la Littérature Jeunesse à l’école, le recours fréquent au texte documentaire par exemple vont dans ce sens. Mais il y faut des précautions et la stratégie développée par l’adulte autour du Livre de Jeunesse conditionne la réussite : recherche des ouvrages accessibles, animation autour du livre, abondance du choix offert sont quelques principes parmi d’autres. Et surtout, pas de développement de la masse sans que l’enfant soit entré à un moment ou un autre dans le plaisir de lire, qui ne s’acquiert pas par décret
Terminons sur un point concernant en particulier le cycle 2. Lire de façon « comprenante » implique de ne pas s’arrêter à chaque mot pour le déchiffrer ; donc de posséder un lexique « orthographique » consistant, c’est-à-dire un bagage important de mots reconnus immédiatement. Or un mot donné n’entre dans ce corpus d’accès immédiat que lorsqu’il a été rencontré un certain nombre de fois de façon déchiffrante. On le voit : même au « premier étage » de compétences, la compréhension est dépendante de la masse de lecture.
Jean Mesnager (Informations auteur)























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14 février 2014
LECTURE